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Les libéraux de l'Ontario s'apprêtent à interdire la publicité pour les jeux d'argent en ligne quatre ans après la privatisation

Un député libéral de l'Ontario a présenté le projet de loi intitulé « Stop Harmful Gambling Advertising Act », qui viserait à interdire aux opérateurs de jeux d'argent en ligne titulaires d'une licence et à leurs partenaires marketing de diffuser des publicités destinées aux résidents de l'Ontario. L'Ontario est devenue en 2022 la première province canadienne à mettre en place un marché privatisé des jeux d'argent en ligne, et la seule à ce jour, l'Alberta devant lui emboîter le pas plus tard dans l'année dans l'attente d'une réglementation fédérale. Points clés :

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Les libéraux de l'Ontario s'apprêtent à interdire la publicité pour les jeux d'argent en ligne quatre ans après la privatisation
  • Le projet de loi 107 de l'Ontario interdirait les publicités pour les jeux d'argent en ligne à la télévision, sur les réseaux sociaux et dans le cadre de parrainages payants.
  • Les amendes peuvent atteindre 1 million de dollars canadiens ; une deuxième condamnation entraîne le retrait de la licence.
  • Le Parti conservateur de l'Ontario détient 80 sièges ; les libéraux en détiennent 14, ce qui rend l'adoption du projet de loi peu probable.

Une réaction législative à la privatisation de 2022

Lee Fairclough, porte-parole libéral en matière de santé mentale, de toxicomanie et d’itinérance, a déposé le projet de loi à l’Assemblée législative de l’Ontario le 20 avril. Il a franchi le premier vote d’introduction et a été renvoyé en deuxième lecture, le débat étant prévu pour la mi-mai. La proposition modifierait la Loi de 1992 sur le contrôle des jeux de l'Ontario afin d'interdire à une cinquantaine d'opérateurs de paris sportifs et de jeux d'argent en ligne titulaires d'une licence — ainsi qu'aux entreprises faisant de la promotion pour leur compte — de faire la promotion de leurs plateformes par le biais des médias audiovisuels, des réseaux sociaux ou de parrainages payants.

Le projet de loi se présente explicitement comme un revirement de la décision prise en 2022 par le gouvernement de Doug Ford d’ouvrir l’Ontario aux opérateurs privés de jeux d’argent en ligne. « Les jeux d’argent en ligne sont en train de devenir une crise de santé publique », a déclaré Mme Fairclough dans la déclaration accompagnant le projet de loi, qui indique également que les appels à ConnexOntario, la ligne d’assistance provinciale pour la santé mentale et les dépendances, ont augmenté de 144 % depuis le lancement du marché réglementé des jeux d’argent en ligne en avril 2022 — un chiffre probablement tiré de l’étude publiée le 2 mars de cette année par le Journal de l’Association médicale canadienne.

M. Fairclough a fait valoir que les plateformes de jeux d’argent pourraient « alimenter » la dépendance, soulignant l’omniprésence des contenus promotionnels comme facteur de normalisation. Le projet de loi établit un parallèle explicite avec le tabac, l’alcool et le cannabis – tous soumis à des restrictions publicitaires au Canada.

Selon le projet de loi, les personnes reconnues coupables d’avoir enfreint l’interdiction de publicité s’exposeraient à des amendes pouvant atteindre 100 000 dollars canadiens, tandis que les entreprises contrevenantes pourraient être passibles d’amendes allant jusqu’à 1 million de dollars canadiens. Une deuxième condamnation entraînerait la révocation obligatoire de l’enregistrement du fournisseur, une mesure visant à empêcher les opérateurs de considérer les sanctions financières comme un simple coût d’exploitation. Bien que le projet de loi ait peu de chances d’être adopté – les progressistes-conservateurs détiennent 80 sièges à l’Assemblée de l’Ontario, les libéraux n'en détenant que 14, ce qui fait du caucus de Fairclough le troisième parti plutôt que l'opposition officielle –, il va de pair avec le projet de loi fédéral S-211, intitulé « Loi sur le cadre national de la publicité relative aux paris sportifs », qui a été adopté par le Sénat et attend d'être examiné par la Chambre des communes sous la nouvelle majorité libérale obtenue par le premier ministre Mark Carney.

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L’Association canadienne des jeux a publié une déclaration le 22 avril s’opposant au projet de loi 107, arguant que le cadre existant de l’Ontario constitue déjà « l’une des réglementations en matière de marketing les plus rigoureuses d’Amérique du Nord ». Les opérateurs agréés n’ont déjà pas le droit de faire la promotion de bonus promotionnels en dehors de leurs propres sites web, applications et canaux de communication directs avec les clients, et il leur est interdit de cibler les groupes à haut risque, les mineurs ou les joueurs auto-exclus.

La Commission des alcools et des jeux de l’Ontario a encore renforcé ces règles en 2024 en limitant le recours aux athlètes et aux célébrités dans les publicités. La CGA a fait valoir que le projet de loi « permettrait essentiellement aux opérateurs illégaux d’inonder les réseaux sociaux de publications, rendant impossible pour les Ontariens d’identifier les fournisseurs agréés tout en affaiblissant l’autorité de l’AGCO ». Cet argument fait écho à un argumentaire fondé sur les observations du secteur ailleurs dans le monde. Au Royaume-Uni, une étude publiée en avril par le Betting and Gaming Council prévoit que les dépenses publicitaires des opérateurs non agréés dépasseront celles des entreprises réglementées pour la première fois d’ici 2028. Cette tendance s’explique par le même schéma structurel, où le durcissement de la réglementation imposée aux opérateurs agréés crée un espace pour les alternatives offshore et d’autres acteurs non conformes. Le marché réglementé de l’Ontario a connu une croissance substantielle depuis son lancement. Les chiffres du rapport annuel 2024-2025 d’iGaming Ontario font état de 82,7 milliards de dollars canadiens de mises, de 2,9 milliards de dollars canadiens de recettes de jeux, de 50 opérateurs et de plus de 2,6 millions de comptes de joueurs actifs. Alors que le débat réglementaire se poursuit tant au niveau fédéral que provincial, l’Alberta s’apprête à devenir la deuxième province canadienne à lancer un marché concurrentiel des jeux d’argent en ligne en juillet.

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