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La Suisse envisage une mesure historique visant à fixer constitutionnellement le plafond de sa population à 10 millions d'habitants

Ce référendum inhabituel propose de plafonner l'immigration légale afin de limiter la population suisse à 10 millions d'habitants d'ici 2050. Si elle est approuvée, cette « mesure de durabilité » soutenue par la droite ferait de la Suisse le premier pays à imposer une telle limite.

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La Suisse envisage une mesure historique visant à fixer constitutionnellement le plafond de sa population à 10 millions d'habitants

Points clés

  • L'UDC a proposé un plafond de 10 millions d'habitants, ce qui mettrait à rude épreuve les infrastructures alors que la Suisse se prépare à voter le 14 juin.
  • Tamedia a constaté que 52 % des personnes interrogées sont favorables à cette loi, ce qui laisse présager des changements sur le marché du travail avant le vote du 14 juin en Suisse.
  • Pascal Wüthrich, d'Economiesuisse, prévient que ce plafond entravera les relations avec l'UE, menaçant la prospérité du marché suisse d'ici 2050.

La Suisse va se prononcer sur une mesure de plafonnement de la population

L'immigration étant devenue un enjeu majeur pour les pays européens, les gouvernements ont cherché à mettre en place des mesures pour en limiter les effets sur les économies locales.

Une initiative lancée par l'Union démocratique du centre (UDC), un parti de droite, propose de s'attaquer directement à ce problème en inscrivant un plafond démographique dans la Constitution fédérale.

Infographic describing Switzerland's Population Cap Proposal

Qualifiée de modification visant un « développement démographique durable », si elle est approuvée, elle modifiera l'article 73a de la Constitution suisse comme suit :

« La population résidante permanente de la Suisse ne doit pas dépasser dix millions d’habitants avant 2050. À partir de 2050, le Conseil fédéral peut ajuster cette limite chaque année par voie d’ordonnance pour tenir compte de l’excédent des naissances par rapport aux décès. Le gouvernement fédéral veille au respect de cette limite. »

En outre, elle donnerait au gouvernement fédéral le pouvoir de « prendre des mesures en faveur d’un développement démographique durable, notamment pour protéger l’environnement et dans l’intérêt de la préservation à long terme des ressources naturelles, de l’efficacité des infrastructures, des soins de santé et de la sécurité sociale suisse ».

Bien que controversée, l’initiative semble bénéficier du soutien d’une partie considérable de la population suisse. En 2025, l’UDC affirme que 180 000 immigrants sont arrivés dans le pays, aggravant la pénurie de logements et mettant à rude épreuve l’infrastructure sociale du pays.

Selon un sondage réalisé en avril par le groupe de médias Tamedia et l’institut de sondage Leewas, 52 % des 16 176 citoyens interrogés étaient favorables à cette mesure, 46 % s’y opposaient et 2 % étaient indécis.

Si elle était adoptée, cette mesure serait la première du genre au monde et pourrait créer un précédent incitant d'autres pays à mettre en place des restrictions similaires pour protéger leur intégrité.

Néanmoins, la proposition a également suscité l'opposition de groupes économiques tels qu'Economiesuisse, qui la qualifie d'« initiative du chaos ». Pascal Wüthrich, chef de projet « Commerce extérieur » chez Economiesuisse, souligne que ce plafond mettrait la Suisse sur une trajectoire de collision avec l’UE, car il entrerait en conflit avec l’accord sur la libre circulation des personnes et restreindrait le regroupement familial.

« Une rupture avec l’Europe aurait des conséquences considérables. La coopération dans des domaines clés serait bloquée pendant des années. L’initiative met ainsi directement en péril la prospérité et la sécurité de la Suisse, car l’UE est de loin notre partenaire commercial et de sécurité le plus important », a-t-il souligné.

Le référendum aura lieu le 14 juin.

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