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Le président de la CFTC, Selig, soutient les marchés prédictifs grâce à un nouveau cadre d'évaluation au cas par cas

La Commission américaine des opérations à terme sur matières premières (CFTC) a publié mercredi un avis de projet de réglementation, définissant un processus d'examen structuré, contrat par contrat, pour les contrats sur événements pouvant impliquer le terrorisme, la guerre, les jeux d'argent ou d'autres activités soumises à des restrictions en vertu de la législation fédérale.

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Le président de la CFTC, Selig, soutient les marchés prédictifs grâce à un nouveau cadre d'évaluation au cas par cas

Points clés

  • La CFTC a proposé un cadre le 10 juin prévoyant un examen de 90 jours pour certains contrats événementiels.
  • Kalshi bénéficie de règles plus claires, tandis que Polymarket pourrait tirer profit d'une réduction de l'incertitude réglementaire.
  • La période de consultation de la CFTC s'étend sur 30 à 90 jours ; de nouveaux dépôts de contrats sont attendus prochainement.

Cette initiative remplace une approche que la direction précédente de la CFTC avait tentée sans succès. En 2024, l'agence avait proposé des modifications radicales du règlement 40.11 qui auraient défini le terme « jeux d'argent » de manière suffisamment large pour interdire de fait la plupart des contrats liés à des événements sportifs et politiques sur les plateformes enregistrées auprès de la CFTC. Cette proposition avait suscité de vives critiques pour son caractère excessif et avait été retirée en février 2026.

La réglementation du 10 juin, officiellement désignée sous le numéro 9249-26, modifie le règlement 40.11 et ajoute une nouvelle annexe F à la partie 40. Elle est strictement ciblée pour traiter un aspect d’un avis préalable de projet de réglementation plus large sur les marchés de prédiction publié par la Commission en mars 2026.

Ce que prévoit le nouveau cadre

Au lieu d'interdictions catégoriques, la CFTC propose un processus d'évaluation défini. Lorsqu'une bourse enregistrée soumet un contrat sur événement susceptible de relever de la section 5c(c)(5)(C) de la loi sur les bourses de matières premières, la Commission appliquera un processus d'examen de 90 jours et un ensemble de critères d'intérêt public pour déterminer deux choses : si le contrat « implique » l'une des activités énumérées, et s'il est contraire à l'intérêt public.

La proposition définit également des termes clés de la loi, notamment « impliquer » et « jeux d’argent », qui ont fait l’objet de contestations lors de précédentes procédures réglementaires.

« La CFTC protégera l’intégrité de nos marchés réglementés sans faire obstacle à une innovation responsable », a déclaré Michael S. Selig, président de la CFTC. « Cette proposition offre à la Commission un cadre durable et transparent pour identifier les contrats que le Congrès nous a chargé d’examiner minutieusement, tout en permettant aux marchés légitimes de progresser. »

Pourquoi le Congrès a restreint certains contrats sur des événements

La section 5c(c)(5)(C) a été ajoutée à la loi sur les bourses de matières premières (Commodity Exchange Act) par le biais de la loi Dodd-Frank de 2010. Les législateurs se sont concentrés sur cinq catégories : le terrorisme, l’assassinat, la guerre, les jeux d’argent et les activités illégales au regard de la législation fédérale ou des États.

Lors d’un débat au Sénat à l’époque, la sénatrice Blanche Lincoln, qui a contribué à la rédaction de cette disposition, a expliqué clairement cette préoccupation. L’objectif, a-t-elle déclaré, était d’empêcher la création de marchés à terme et de swaps qui permettraient aux citoyens de tirer profit d’événements dévastateurs, et d’empêcher les paris via les marchés à terme. La sénatrice Lincoln a spécifiquement cité les événements sportifs, affirmant que les contrats liés aux résultats d’événements tels que le Super Bowl ou le Kentucky Derby ne serviraient aucun objectif commercial réel et seraient utilisés uniquement à des fins de jeu. Cet historique législatif façonne la réglementation actuelle. Le nouveau cadre concrétise ces préoccupations initiales à l’aide de termes définis et de garde-fous procéduraux.

Ce que cela signifie pour Kalshi et Polymarket

Pour les plateformes enregistrées auprès de la CFTC comme Kalshi, le nouveau cadre offre une clarté attendue depuis longtemps. Les bourses disposent désormais d’un processus de soumission et d’examen prévisible au lieu d’être confrontées à l’incertitude en matière d’application de la loi. Les contrats standard sur les résultats sportifs, tels que les marchés sur le vainqueur d’un match liés à des événements majeurs, semblent susceptibles de trouver une voie d’approbation viable dans le cadre de ce dispositif. Les contrats de micro-paris plus spéculatifs, tels que ceux liés à des événements spécifiques en cours de match présentant un risque de manipulation plus élevé, feront l’objet d’un examen plus minutieux.

Pour les plateformes natives de la cryptomonnaie et offshore comme Polymarket, l'impact est indirect mais, selon certains avis, globalement positif. Ces plateformes opèrent en dehors de l'enregistrement direct auprès de la CFTC et ont été confrontées à des questions concernant la juridiction, les schémas de trading suspects et les informations privilégiées. Le NPRM indique que l'agence préfère mettre en place un écosystème légitime de marchés de prédiction supervisé au niveau fédéral plutôt que de militer pour une interdiction. Cette position pourrait réduire les incertitudes juridiques et favoriser la croissance des volumes. Les contrats liés à la guerre, au terrorisme et aux assassinats restent les candidats les plus évidents à l'interdiction dans ce cadre.

Prochaines étapes

Le NPRM ouvre une période de consultation publique, qui devrait durer de 30 à 90 jours selon l'avis publié au Federal Register. Les acteurs du secteur, les équipes juridiques et les universitaires devraient peser lourdement sur les définitions des termes « jeu » et « impliquer », ainsi que sur les facteurs d'intérêt public que la Commission appliquera.

D'autres mesures réglementaires découlant du projet de règlement préliminaire (Advance NPRM) plus large de mars 2026 sur les marchés de prédiction sont également attendues. Une fois le cadre finalisé, les bourses enregistrées le testeront par le biais de nouveaux dépôts de contrats.

Washington entend resserrer les mailles du filet

Pour les défenseurs du libre marché, cependant, la préoccupation la plus profonde n’est pas de savoir si la CFTC a mis en place un processus d’examen plus transparent, mais si les régulateurs fédéraux devraient décider quels contrats volontaires méritent d’être admis sur les marchés réglementés. On peut faire valoir que toute restriction imposée aux contrats sur événements limite la liberté d'échange, réduit les possibilités de découverte des prix et substitue un jugement bureaucratique aux décisions collectives d'acheteurs et de vendeurs consentants.

Selon eux, les marchés fonctionnent mieux lorsque ce sont les participants, et non les régulateurs, qui déterminent quels risques, probabilités et résultats méritent d’être tarifés. Ce débat ne risque pas de disparaître alors que les marchés de prédiction continuent de se développer. Si la proposition de juin 2026 offre une plus grande clarté que les efforts précédents, elle laisse néanmoins au gouvernement le soin de tracer les limites des marchés d’information autorisés.

Les partisans de la réglementation y voient une surveillance prudente ; les opposants à une réglementation étouffante y voient une conception du marché dictée par l'État qui pousse l'activité vers des places offshore et des alternatives décentralisées. À mesure que les marchés de prédiction réglementés arriveront à maturité, la tension entre la supervision financière et le libre choix du marché restera au cœur du débat.