Chainalysis estime que la France a généré 9,4 milliards de dollars d'activité cryptographique imposable en 2025, alors que seuls 24 000 contribuables français ont déclaré 368 millions d'euros (environ 427 millions de dollars) de plus-values pour l'année 2024.
Chainalysis : plus de 90 % des gains générés par les cryptomonnaies en France ne sont pas déclarés

Points clés
- Chainalysis a estimé le montant des activités liées aux cryptomonnaies imposables en France en 2025 à 9,4 milliards de dollars, toutes catégories confondues (revenus, plus-values et paiements).
- Seuls 24 000 contribuables français ont déclaré 368 millions d’euros (427 millions de dollars) de plus-values nettes pour l’année fiscale 2024.
- Le partage de données au sein de l’UE dans le cadre de la directive DAC8 débutera le 30 septembre 2027.
Les deux chiffres qui ne concordent pas
Un rapide coup d’œil aux chiffres suffit pour cerner le problème. La société d’analyse de la blockchain Chainalysis estime les activités liées aux cryptomonnaies potentiellement imposables en France à 9,4 milliards de dollars pour 2025, répartis en 5,2 milliards de dollars de paiements, 2,5 milliards de dollars de plus-values et 1,7 milliard de dollars de revenus provenant de sources telles que le minage et le staking.
Les déclarations fiscales françaises dressent le tableau suivant :
- Pour l’année fiscale 2024, environ 24 000 particuliers ont déclaré un total de 368 millions d’euros (427 millions de dollars) de plus-values nettes.
- Ce chiffre est en hausse par rapport aux quelque 7 700 contribuables et aux 150,8 millions d’euros (175 millions de dollars) de l’année précédente, mais ne représente encore qu’une fraction de l’activité enregistrée par la blockchain.
Ces deux chiffres ne sont pas strictement comparables, car l’activité imposable n’est pas synonyme de bénéfice imposable, et seule la composante « plus-values » de ces 9,4 milliards de dollars se traduirait par un impôt sur les plus-values. Même après cet ajustement, l’écart entre ce que montre la blockchain et ce que constate l’État reste important.
Chainalysis a indiqué que le taux de non-conformité pourrait dépasser 90 % dans certains pays, une estimation que François Volpoet, qui dirige les opérations de la société en France, a précisément attribuée à ce phénomène de sous-déclaration. Le rapport de la société elle-même établit une comparaison avec la Suède, où il note que plus de 90 % des personnes n’ont pas déclaré leurs activités liées aux cryptomonnaies.
Ce que Chainalysis a réellement mesuré
Le chiffre concernant la France s’inscrit dans le cadre d’une analyse mondiale, Chainalysis estimant à plus de 457 milliards de dollars le montant des activités sur la blockchain potentiellement imposables à l’échelle mondiale en 2025. Pour préciser :
- L’Europe représentait 125,1 milliards de dollars de ce total.
- Les États-Unis ont représenté 112,6 milliards de dollars.
- La Chine a enregistré environ 21 milliards de dollars malgré l’interdiction des transactions sur le territoire national.
La réglementation française rend les enjeux concrets, puisque les plus-values nettes issues des cryptomonnaies sont soumises à un taux forfaitaire de 31,4 %, avec un seuil d’exonération annuel de seulement 305 € (environ 350 dollars), ce qui signifie que la grande majorité des bénéfices réalisés sont techniquement déclarables. Appliqué à des milliards de transactions, un taux de non-déclaration de 90 % n'est pas une simple erreur d'arrondi.
L’échéance de 2027
La huitième directive de l’Union européenne sur la coopération administrative, connue sous le nom de DAC8, est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle impose aux prestataires de services liés aux cryptomonnaies opérant dans les États membres de collecter des données détaillées sur l’identité et les transactions de leurs utilisateurs et de les transmettre aux autorités fiscales nationales. Ces autorités commenceront alors à échanger des données au-delà des frontières à compter du 30 septembre 2027. La DAC8 constitue la mise en œuvre par l’UE du cadre de déclaration des crypto-actifs (Crypto-Asset Reporting Framework, ou CARF), une norme de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) que des dizaines de pays se sont engagés à adopter. Cela revient à placer les cryptomonnaies sur le même pied d’égalité en matière de partage automatique d’informations que le secteur bancaire, qui fonctionne ainsi depuis des années. Cependant, comme on pouvait s’y attendre, tout le monde ne semble pas favorable à cette directive. Par exemple, la plateforme d’échange de cryptomonnaies Bull Bitcoin a intenté une action en justice en France afin de faire annuler le décret transposant la directive DAC8 dans le droit national.
Les 86 % qui échappent encore au contrôle
Chainalysis estime que le CARF ne couvre qu’environ 14 % de l’activité imposable mondiale, laissant ainsi environ 86 % hors de son champ d’application pratique. Cet écart est toutefois structurel, car le CARF repose sur des intermédiaires centralisés qui identifient déjà leurs clients. Les portefeuilles en auto-garde, les plateformes d’échange décentralisées, les transferts entre particuliers et les flux de revenus sur la chaîne ne font appel à aucun intermédiaire à contraindre ; ils génèrent donc des événements imposables qui échappent actuellement à tout régime de déclaration.
Il existe un deuxième problème spécifique à la France. Le pays a enregistré 36 agressions physiques contre des détenteurs de cryptomonnaies au cours des huit premiers mois de 2026, soit 64 % de plus que sur l’ensemble de l’année 2025, les fuites de données de l’administration fiscale figurant parmi les facteurs mis en cause. La collecte de davantage de données d’identité résout un problème tout en en aggravant un autre.
Cet article a été traduit de l'anglais à l'aide de l'IA. La version originale en anglais fait foi ; les traductions automatiques peuvent contenir des inexactitudes, en particulier dans la terminologie juridique et réglementaire.











