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Déclarez vos cryptomonnaies sous peine d'emprisonnement : les nouvelles règles strictes de l'Afrique du Sud en matière de flux de capitaux

Le projet de règlement sud-africain de 2026 sur la gestion des flux de capitaux impose de nouvelles exigences strictes aux voyageurs entrant ou sortant d'Afrique du Sud en possession de cryptomonnaies. Points clés

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Déclarez vos cryptomonnaies sous peine d'emprisonnement : les nouvelles règles strictes de l'Afrique du Sud en matière de flux de capitaux
  • Le projet de règlement du Trésor sud-africain oblige les visiteurs à déclarer leurs cryptomonnaies sous peine d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison.
  • Les nouvelles lois de 2026 sur les flux de capitaux confèrent aux autorités des pouvoirs intrusifs leur permettant de fouiller les appareils à la recherche de bitcoins ou d'autres cryptomonnaies.
  • Les parties prenantes doivent soumettre leurs commentaires aux autorités sud-africaines avant le 10 juin 2026, avant la promulgation définitive.

Les actifs numériques reclassés en tant que capitaux

Voyager en Afrique du Sud avec un portefeuille numérique pourrait bientôt impliquer bien plus qu'un simple passage rapide à la douane. Dans le cadre du projet de règlement sur la gestion des flux de capitaux 2026 récemment publié, le Trésor national a proposé une position intransigeante sur les actifs cryptographiques, exigeant de tous les visiteurs qu'ils déclarent leurs avoirs et accordant aux agents des frontières des pouvoirs étendus pour mener des opérations intrusives de « fouille et saisie ».

Ce projet de règlement, publié en avril 2026 pour remplacer l’ancien règlement sur le contrôle des changes de 1961, reclassifie officiellement les crypto-actifs en tant que « capitaux ». Ce revirement juridique soumet les monnaies numériques au même contrôle strict que l’or et les devises étrangères physiques. Pour les voyageurs, le changement le plus significatif est la déclaration obligatoire des crypto-actifs. Selon le projet, toute personne entrant ou sortant de la République doit déclarer les crypto-actifs en sa possession ou sous son contrôle.

Contrairement à une valise physique remplie d’argent liquide, les crypto-actifs sont souvent stockés sur des smartphones, des portefeuilles matériels ou dans le cloud. Le projet de règlement répond à cette situation en exigeant des voyageurs qu’ils présentent, sur demande, tout « appareil ou donnée » susceptible de stocker ou de faciliter le transfert de ces actifs. Le non-respect de cette obligation de déclaration pourrait entraîner des poursuites pénales, de lourdes amendes pouvant atteindre 60 250 dollars (1 million de rands) ou une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Pouvoirs étendus en matière de perquisition et de saisie

Pour faire respecter ces règles, le projet confère aux agents des douanes et aux fonctionnaires habilités des pouvoirs étendus qui ont immédiatement suscité des inquiétudes en matière de protection de la vie privée. Outre la fouille des bagages ou des véhicules des personnes soupçonnées d’enfreindre les règles relatives aux mouvements de capitaux, le projet de règlement autorise les agents à exiger l’accès aux appareils électroniques. Si un agent soupçonne un voyageur d’« exporter » ou d’« importer » des cryptomonnaies sans autorisation, il est habilité à saisir l’appareil et les actifs qu’il contient.

Tout actif cryptographique non déclaré ou soupçonné d'avoir été transféré en violation de la loi peut être saisi et potentiellement confisqué par l'État. Les responsables du Trésor affirment que ces mesures constituent une condition préalable essentielle à la modernisation de l'architecture financière du pays et au démantèlement des circuits utilisés pour les flux financiers illicites. Cette refonte réglementaire constitue également une réponse directe à un arrêt cinglant de la Haute Cour qui a reproché à la Banque centrale sud-africaine de s'appuyer sur des lois obsolètes, datant d'avant l'ère numérique. Les défenseurs de la vie privée et les passionnés de cryptomonnaies ont tiré la sonnette d'alarme quant à la manière dont la « possession » sera définie à la frontière, étant donné que les cryptomonnaies existent sur une blockchain mondiale plutôt que sur un appareil physique. Des inquiétudes ont également été exprimées quant au caractère « intrusif » de l'obligation faite aux voyageurs de déverrouiller leurs appareils privés pour prouver la valeur de leurs portefeuilles numériques. Le Trésor national a invité le public à soumettre ses commentaires sur ces projets de réglementation. Les parties prenantes et les citoyens concernés ont jusqu'au 10 juin 2026 pour faire part de leurs observations avant que la réglementation ne soit finalisée et promulguée.

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