La Banque du Ghana a publié une directive contraignante ordonnant à tous les établissements financiers réglementés de cesser immédiatement de prendre en charge les portefeuilles numériques en devises étrangères non autorisés proposés par les plateformes de cryptomonnaies.
La Banque du Ghana ordonne aux banques de suspendre les portefeuilles de crypto-monnaies libellés en dollars face à l'augmentation des risques liés à l'application de la réglementation

Points clés
- Le 12 juin, la Banque du Ghana a ordonné aux banques locales de cesser de prendre en charge les portefeuilles cryptographiques en USD non approuvés.
- Plus de deux textes législatifs, dont une loi de 2019, rendent illégales ces opérations en monnaie fiduciaire menées par les plateformes.
- Les institutions qui ne se conforment pas s'exposent à des mesures réglementaires immédiates, tandis que les services conformes traitent les demandes d'enregistrement pour 2026.
Violation des lois financières nationales
La Banque du Ghana a publié une directive ordonnant aux institutions financières réglementées de cesser immédiatement les opérations qui soutiennent les services de portefeuilles en devises étrangères non autorisés proposés par les plateformes de cryptomonnaies. Selon la banque centrale, plusieurs plateformes de cryptomonnaies opérant au Ghana proposent des solutions de portefeuilles numériques libellés en devises étrangères, principalement en dollars américains. Pour maintenir ces services en activité, les plateformes se sont appuyées sur une intégration avec le système bancaire local, en utilisant des canaux de paiement tels que les virements bancaires directs, les cartes de paiement et d’autres canaux de paiement locaux traditionnels. La Banque du Ghana a exprimé sa profonde inquiétude face à ces dispositifs, affirmant que les plateformes de cryptomonnaies qui les gèrent n’ont pas été autorisées à mener de telles activités.
Dans un avis publié le 12 juin, la banque centrale a précisé que la mise en place de portefeuilles numériques libellés en devises étrangères implique des mécanismes financiers qui nécessitent une autorisation officielle en vertu de la législation ghanéenne en vigueur. Plus précisément, ces dispositifs déclenchent des obligations de conformité en vertu de la loi de 2019 sur les systèmes et services de paiement et de la loi de 2006 sur les changes.
La Banque du Ghana fait valoir que, les plateformes de cryptomonnaies ne disposant pas de ces autorisations, l’infrastructure qui les soutient est illégale au regard des directives bancaires en vigueur. La répression réglementaire de la banque centrale vise les institutions nationales qui rendent ces transactions en cryptomonnaies possibles.
Avec effet immédiat, la directive s'applique aux banques, aux établissements spécialisés dans la collecte de dépôts, aux émetteurs de monnaie électronique et aux prestataires de services de paiement. Il leur est strictement interdit de mettre en place ou de maintenir tout arrangement facilitant le financement, le fonctionnement et le règlement de ces systèmes de portefeuilles fiduciaires non autorisés.
« Les institutions qui fournissent actuellement des services bancaires, de paiement, d’acquisition de cartes, de règlement ou des services connexes à l’appui de tels arrangements doivent prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ce soutien », a averti la banque centrale. La Banque du Ghana a conclu son avis en rappelant que cette ordonnance est obligatoire. Les institutions financières qui ne rompront pas leurs liens avec ces fournisseurs de portefeuilles cryptographiques en dollars s'exposeront à des mesures de surveillance ou d'application immédiates, non précisées, de la part de l'autorité de régulation. Pour les entreprises souhaitant se conformer aux directives nationales d'enregistrement ou recherchant des éclaircissements techniques sur la conformité, la banque centrale a mis en place un canal de consultation dédié via son bureau des actifs virtuels.
















