Les marchés boursiers américains ont clôturé en forte baisse vendredi, les coûts énergétiques liés à la guerre et l'évolution des anticipations de taux ayant contraint les investisseurs à revoir leur appétit pour le risque.
Les actions américaines sous pression alors que le S&P 500 franchit un seuil clé malgré l'assouplissement des sanctions pétrolières contre l'Iran

Le S&P 500 a atteint son plus bas niveau depuis 2025
Les actions américaines ont prolongé leur baisse pour la quatrième semaine consécutive vendredi, tous les principaux indices terminant nettement dans le rouge alors que les tensions géopolitiques et les pressions inflationnistes se conjuguaient. Le Nasdaq Composite a terminé à 21 647,61 points, en baisse de 443,08 points, tandis que le Dow Jones Industrial Average a clôturé à 45 577,47 points, en recul de 443,96 points, selon les données de fin de séance.
Le S&P 500, indice regroupant les 500 plus grandes sociétés américaines cotées en bourse, s'est établi à 6 506,48 points, perdant 100,01 points, enregistrant ainsi sa quatrième baisse hebdomadaire consécutive et son plus bas niveau depuis septembre 2025. De son côté, l'indice composite du NYSE a terminé à 21 616,73 points, en baisse de 324,30 points, reflétant une faiblesse généralisée dans tous les secteurs.

Les actions à petite capitalisation ont été les plus touchées, le Russell 2000 reculant d'environ 2,3 % et entrant en phase de correction, signe de tensions plus profondes sous la surface. Au cœur de cette évolution se trouve le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui en est désormais à sa quatrième semaine et qui a perturbé les principales voies d'approvisionnement en énergie et les infrastructures. Les prix du pétrole ont grimpé vers des sommets inégalés depuis plusieurs années, alimentant directement les craintes inflationnistes. Vendredi soir, les décideurs politiques ont présenté un contrepoids potentiel. Le département du Trésor a levé les sanctions sur environ 140 millions de barils de brut iranien déjà chargés sur des navires, une mesure qui, selon l’administration Trump, pourrait contribuer à alléger la pression sur l’offre et à modérer les hausses de prix. Evan Halper, du Washington Post, note que la décision de l’administration Trump a laissé les observateurs perplexes, car elle pourrait prolonger le conflit. « On ne lève pas les sanctions sur le pétrole iranien si l’on est en train de se retirer. C'est l'action d'une administration qui n'a pas d'issue et qui le sait. Le mot pour cela, c'est le désespoir », a déclaré Brett Erickson, directeur général d'Obsidian Risk Advisors, à Halper. Malgré tout, les marchés ont accueilli cette nouvelle avec prudence. L'ampleur du conflit — et l'incertitude quant à la rapidité avec laquelle ce pétrole pourra atteindre les marchés mondiaux — a conduit les traders à se concentrer sur les risques d'approvisionnement à court terme plutôt que sur un soulagement futur.
Ce revirement se répercute déjà sur les marchés des taux. Les rendements des bons du Trésor ont augmenté, et les traders ont revu à la baisse leurs anticipations d’assouplissement de la Réserve fédérale, tablant désormais sur moins de baisses de taux, voire sur la possibilité d’un nouveau resserrement. Les valeurs technologiques ont amplifié la baisse. Les titres des semi-conducteurs liés à la demande en intelligence artificielle (IA), notamment Nvidia et Micron, ont pesé lourdement sur le Nasdaq, les investisseurs se détournant des actifs à forte duration.
La chute du S&P 500 sous sa moyenne mobile à 200 jours a ajouté une nouvelle source d’inquiétude. L’indice est passé sous ce seuil technique très surveillé pour la première fois en plus de 200 séances, un signal que de nombreux bureaux institutionnels interprètent comme un changement de tendance.
Historiquement, ces cassures ne sont pas toujours synonymes de difficultés à long terme. Les données remontant à plusieurs décennies montrent que les actions se redressent souvent sur un horizon de 12 mois, même si le cheminement tend à être irrégulier. Cette fois-ci, le contexte est moins clément. L'inflation tirée par l'énergie, la hausse des rendements et la guerre au Moyen-Orient surviennent tous en même temps, limitant la capacité du marché à se stabiliser rapidement.

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Pour l’instant, les investisseurs semblent s’adapter plutôt que réagir. Les capitaux se réorientent, les risques sont réévalués et le marché commence à accepter que le conflit actuel ne se résolve peut-être pas à court terme. La levée des sanctions sur le brut iranien place la situation à un tournant particulier en ce qui concerne le conflit.
Si l'offre supplémentaire — comme le pétrole brut iranien nouvellement libéré — parvient efficacement sur les marchés, la pression pourrait s'atténuer. Dans le cas contraire, les tensions observées cette semaine pourraient se prolonger au deuxième trimestre.
FAQ 🧭
- Pourquoi les actions américaines ont-elles chuté vendredi ? Les hausses des prix de l'énergie liées à la guerre et l'évolution des anticipations concernant la Réserve fédérale ont déclenché une vague de ventes.
- Quel est l'impact de la mise sur le marché du pétrole iranien ? Cela pourrait atténuer la pression sur l'offre, mais les marchés restent dans l'incertitude quant au calendrier et à l'efficacité de cette mesure.
- Que signifie le fait que le S&P 500 ait franchi sa moyenne sur 200 jours ? Cela signale un possible changement de tendance et incite les investisseurs institutionnels à la prudence.
- Quels secteurs ont résisté pendant la vague de ventes ? Les secteurs de l'énergie et de la finance ont affiché une relative vigueur, tandis que la plupart des autres secteurs ont reculé.















