Le Stanford Blockchain Club, un groupe influent de l’Université de Stanford, a exprimé des préoccupations majeures concernant la poursuite judiciaire des développeurs de Tornado Cash, Roman Storm et Roman Semenov, par le gouvernement américain, en utilisant de vieilles lois fédérales sur la transmission d’argent.
Le Club de Blockchain de Stanford conteste l'affaire Tornado Cash du DOJ
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Abus de pouvoir juridique ? Le groupe de Stanford critique les inculpations de Tornado Cash
Dans leur analyse approfondie, “Tornado Cash et les limites de la transmission d’argent“, le Stanford Blockchain Club a examiné de près comment le Département de la Justice (DOJ) a utilisé le 18 U.S.C. § 1960 pour accuser Storm et Semenov en 2023. Le DOJ affirme que Tornado Cash, un protocole axé sur la confidentialité fonctionnant sur la blockchain Ethereum, est essentiellement une “entreprise de transmission d’argent non autorisée”.
Le club soutient que l’utilisation de lois archaïques comme la Section 1960 sur la technologie blockchain décentralisée moderne est comme essayer de faire rentrer un carré dans un trou rond. Tornado Cash fonctionne via des smart contracts immuables, donnant aux utilisateurs le pouvoir de masquer leurs transactions sans intermédiaires. Ici, les utilisateurs gardent le contrôle total de leurs tokens du début à la fin, contrairement aux services de garde traditionnels.
“L’application agressive par le DOJ de 18 U.S.C. § 1960 dans ce cas soulève des questions qui vont bien au-delà du contexte immédiat des technologies blockchain”, déclare le rapport du Stanford Blockchain Club. “Au fond, cette poursuite illustre les dangers de laisser des fonctionnaires non élus étendre le langage statutaire pour relever de nouveaux défis, incitant le pouvoir judiciaire à agir au-delà de leur autorité constitutionnelle et à usurper le pouvoir du Congrès en légiférant depuis le banc.”
L’analyse ajoute :
Une telle approche contourne le processus démocratique, sapant le cadre constitutionnel qui confie l’autorité législative au Congrès et la discrétion d’application à l’exécutif.
Le rapport du Stanford Blockchain Club trouve un écho particulier, surtout depuis que l’Université de Stanford est réputée pour sa puissance en matière de droit et de technologie. La Stanford Law School (SLS), toujours en tête du classement des facultés de droit américaines, a depuis des années produit des analyses juridiques révolutionnaires sur les nouvelles technologies. Le rapport du club blockchain s’inscrit dans cette tradition, abordant l’endroit où le droit, la confidentialité et la finance décentralisée (defi) se rencontrent.
Tornado Cash met en lumière un grand débat : comment jongler entre la confidentialité financière et la surveillance réglementaire. L’étude souligne que des outils comme Tornado Cash répondent à un véritable besoin de garder les identités confidentielles lors des transactions. Les critiques, y compris le Stanford Blockchain Club et Coin Center, affirment que rendre ces outils illégaux mélange leur usage approprié avec leur mauvaise utilisation.
Le rapport lie Tornado Cash aux anciennes batailles de cryptage, comme celles concernant Pretty Good Privacy (PGP), suggérant que s’en prendre aux protocoles de confidentialité pourrait donner un mauvais exemple. Il alerte aussi sur le fait que des réglementations rigides pourraient faire perdre aux États-Unis leur place de leader en technologie et en innovation.
Les recherches du club signalent également des dangers pour l’ensemble de la scène technologique, en particulier pour les créateurs de logiciels fintech non dépositaires. Étendre la Section 1960 pour inclure les développeurs de protocoles open-source pourrait perturber les activités courantes comme les paiements peer-to-peer et les échanges décentralisés, freinant potentiellement l’innovation.
Le rapport du Stanford Blockchain Club plaide pour des réglementations simples et tournées vers l’avenir faites par des moyens démocratiques, pas seulement par des décisions de justice. Il insiste sur le fait que ce type de clarté est essentiel pour maintenir la confiance dans le système juridique américain et rester en tête dans la course technologique mondiale.













