Strategy, anciennement Microstrategy, fait l’objet d’un examen intense après que des investisseurs aient affirmé qu’elle avait abandonné une mesure clé contre la dilution des actions, ravivant les débats sur la valorisation premium de son trésor largement composé de bitcoins.
Derrière le débat mNAV de Strategy : levier, risque et Bitcoin

La Réversion de la Politique mNAV de MSTR suscite l’Examen
Strategy, connue jusqu’à récemment comme Microstrategy (Nasdaq: MSTR), s’est fondamentalement transformée depuis 2020, passant d’une entreprise de logiciels de business intelligence à un véhicule de trésorerie d’entreprise en bitcoin (BTC). Sous la direction du président exécutif Michael Saylor, l’entreprise détient maintenant 629 376 BTC, ce qui en fait le plus grand détenteur d’entreprise de cette cryptomonnaie au monde. Ce pivot a déplacé son modèle de valorisation des métriques basées sur les bénéfices traditionnels vers un modèle centré sur ses réserves de bitcoin.

La métrique centrale pour comprendre la valorisation de marché de Strategy est le mNAV, ou multiple de la Valeur Nette d’Actif. Le mNAV compare la valeur d’entreprise de la société à la valeur de marché de ses avoirs en bitcoin. En termes simples, il mesure combien le marché est prêt à payer pour l’action de Strategy par rapport au bitcoin sous-jacent qu’elle détient. Un mNAV de 1 implique que l’action se négocie à parité avec sa valeur en bitcoin (BTC). Un chiffre supérieur à 1 indique une prime ; en dessous de 1, une décote.
Historiquement, MSTR s’est échangé avec une prime significative, souvent entre 2x et 3,4x sa NAV en bitcoin. Cette prime est au cœur d’une controverse animée. Les critiques ont soutenu que les investisseurs surpaient pour une exposition au bitcoin ; ils pourraient l’obtenir moins cher via des fonds négociés en bourse (ETFs) ou une détention directe. Ils soutiennent que la prime ignore la dette de l’entreprise, l’effet dilutif des futures ventes d’actions, et sa division logicielle marginalement rentable.

Les partisans, cependant, justifient la prime en présentant Strategy comme une “raffinerie de bitcoin” active. Ils soutiennent que l’utilisation par l’entreprise de l’ingénierie financière—comme l’émission de dette convertible et la vente d’actions à des primes élevées—augmente activement la quantité de bitcoin par action, créant une valeur que les avoirs passifs en bitcoin ne créent pas. Cette stratégie, affirment-ils, justifie une valorisation plus élevée.

La controverse s’est intensifiée ces dernières semaines. Lors de son appel de résultats du T2 2025, Strategy s’est engagée à ne pas émettre de nouvelles actions ordinaires en dessous d’un mNAV de 2.5x, sauf pour des obligations spécifiques. Cette promesse, ont pensé beaucoup, était destinée à protéger les actionnaires d’une dilution excessive.
Le 18 août 2025, les observateurs insistent sur le fait que l’entreprise a brusquement abandonné cette mesure de sauvegarde. Sa nouvelle politique permet une émission en dessous de 2.5x mNAV “si la direction le juge avantageux.” L’annonce a provoqué une outrage immédiat de la part des investisseurs qui ont vu ce mouvement comme un leurre qui augmente significativement le risque de dilution, d’autant plus que le mNAV a récemment été rapporté proche de 1.68x.

Ce changement de politique ne se produit pas dans un vide. Un recours collectif déposé cette année allègue que l’entreprise a fait des déclarations trompeuses sur sa stratégie bitcoin et ses finances. À la fin de l’année dernière, des critiques comme l’analyste financier Michael Lebowitz ont accusé Strategy de “tirer parti des investisseurs” en utilisant une rhétorique haussière sur le bitcoin pour gonfler la volatilité de son action et permettre un financement à moindre coût.
Les dynamiques de marché compliquent encore plus le tableau. Le mNAV tend à s’étendre dans les marchés haussiers, permettant parfois à Strategy de lever de grosses sommes—près de 25 milliards de dollars via des ventes d’actions au cours de l’année écoulée—pour acheter plus de bitcoin. Cependant, dans les marchés baissiers, la prime peut s’effondrer, poussant potentiellement le mNAV en dessous de 1 et amplifiant les pertes pour les actionnaires.
La structure de capital de l’entreprise ajoute une autre couche de risque. Strategy continue d’émettre des actions privilégiées avec des obligations de dividendes, ce qui complique son image financière et augmente les coûts fixes indépendamment de la performance des prix du bitcoin.
En fin de compte, la controverse mNAV met en lumière une tension fondamentale entre deux philosophies d’investissement : la possession directe de bitcoin versus un pari d’entreprise avec effet de levier sur son avenir. Bien que le modèle de Strategy ait généré des rendements spectaculaires lors des rallyes, son récent changement de politique souligne les risques accrus de dilution et de volatilité qui accompagnent la prime. Pour les investisseurs, comprendre le mNAV est désormais essentiel pour naviguer dans le monde à enjeux élevés de l’adoption d’entreprise du bitcoin.













